Aujourd’hui, première session de jeu sur DragonBox et première activité de transfert, sachant donc qu’hier ni les CM2 ni les CP n’arrivaient à résoudre d’équations.

Première session de jeu

Quand les CM2 commencent à jouer, ils se concentrent et ne disent rien les premières deux minutes, puis passent très vite les premiers niveaux et commencent à faire des remarques à mi-voix et discutent de ce qu’ils voient : “ah il a mangé le truc” “moi il a mangé une boulette de viande”. En l’occurrence il s’agit de petites animations de victoire, une fois un niveau réussi – et donc une équation résolue. En moins de dix minutes, les deux élèves que j’observe (un garçon, D, et une fille, O) sont à la fin du premier chapitre, et ont tout fait d’une traite sans se trouver désorientés. D dit en fin de chapitre “ah, je suis déjà aux lettres”, car il est en train de résoudre des niveaux où des variables sous formes de lettres et le x à isoler sont présents.

O avance un peu plus lentement, comme si elle oubliait certains de ses pouvoirs. D, lui, continue à avancer vite, et se sent pousser des ailes et soupire d’aise : “mdr, c’est tellement facile” (répété plusieurs fois dans des variantes proches). Il taquine aussi sa voisine en lui disant “ah, tu n’en as résolu que 16 !”. Le résultat d’O fait rire D, mais pour un observateur, 16 équations résolues en 10 minutes de jeu par des enfants qui rendaient feuille blanche hier, c’est plutôt bon signe.

Mais notre ami D, tout à sa gloire, ne fait pas attention à une règle et se prend les pieds dans le tapis dans le chapitre deux. O, quant à elle, continue à avancer méthodiquement, et quand je les quitte pour aller voir les CP, O et D sont au coude à coude au dernier niveau du chapitre 2.

Côté CP, on avance moins vite, et les 40 minutes de jeu auront été nécessaires pour arriver à la fin du chapitre 1. Le rythme de progression est plus doux, mais constant, et les CP prennent confiance à mesure qu’ils avancent dans le jeu. Les CM2 ne sont jamais très loin et ont à coeur aussi de leur expliquer une règle, de leur rappeler un pouvoir. On les sent qui voudraient donner la solution, mais ils arrivent à plutôt bien se retenir en rappelant plutôt l’objectif (“il faut que le x soit seul”), ou réexpliquant des pouvoirs. Il faut dire que les CP doivent se débrouiller sans comprendre les consignes écrites, et si le jeu permet d’avancer en expérimentant, ça ne leur facilite tout de même pas les choses.

De retour pour la fin de session chez les CM2, surprise, O a complètement dépassé D. Elle est déjà arrivée à la fin du chapitre 3. Elle trouve qu’il y a beaucoup de niveaux à ce chapitre néanmoins, et me pose la question plusieurs fois. Quand je réponds qu’il en reste quelques uns, D rebondit et dit “C’est un long chapitre, c’est….. c’est un escargot”. Et de s’esclaffer ensuite.

Fin de session, les CM2 ont les yeux brillants, ils ont hâte de pouvoir rejouer. D’ailleurs les deux questions que posent les enfants en boucle ne trompe pas : “On peut jouer chez nous aussi? On retrouvera notre partie ou il faut commencer du début?” – réponse : “Oui vous pouvez, mais vous n’avez pas besoin, et vous retrouverez votre partie que ce soit chez vous ou à l’école demain.”. Il ne faut surtout pas demander aux enfants de jouer à la maison : en effet, on mesure si ils jouent de manière spontanée, et les forcer ou simplement les encourager à jouer hors des heures de cours pourrait fausser cette mesure.

Première activité de transfert

Pour cette activité, la maîtresse suit la méthodologie fournie pour l’étude, et entame les festivités en écrivant une équation au tableau. “Qui sait comment résoudre ça ?” Près de la moitié des mains des CM2 fusent et se lèvent. Chez les CP, beaucoup plus de flottement, mais quelques uns veulent faire comme les grands et lèvent la main de manière moyennement convaincante. Chez les CM2, O a été la première au tableau, et résout l’équation présentée. Elle montre son travail et la maîtresse lui demande d’écrire l’équation avec x tout seul sur une nouvelle ligne. Ce n’est pas encore très orthodoxe, mais on n’est pas loin d’une équation posée et résolue. Pas de simplification cependant, et les autres élèves sentent qu’il reste quelque chose à faire. Une autre élève de CM2 vient essayer au tableau, se lance joyeusement dans une impasse, s’en rend compte, fait machine arrière, reprend l’équation sous un autre angle, et arrive finalement à isoler x… Et là, elle se rend compte qu’elle aboutit au même résultat qu’O.

Pendant ce temps, les questions n’arrêtent pas :
– “Elle est où la boite ?”
– “La boîte c’est le x.”
– “Pourquoi il faut isoler le x ?.. Mais pourquoi x ? Ca ne peut pas être autre chose ?.. Pourquoi x et pas b ?”

Enfin vient le tour des CP : les plus bravaches prétendent savoir mais n’arrivent pas à dire la première chose qu’ils feraient au tableau. Du coup, des petits plus timides trouvent l’espace pour lever la main, et un petit qui parle tout doucement au début (“parle plus fort s’il te plaît”), commence à expliquer ce qu’il ferait, vient au tableau, et avec les encouragements de sa professeur arrive à isoler x. Sur leurs chaises, certains CP opinent du chef et approuvent les décisions de leur camarade au tableau, et les autres suivent sans avoir l’air de trop comprendre. J’observe grosso modo la moitié qui semble plutôt avoir compris que la logique du jeu s’appliquait aussi à l’équation au tableau, et l’autre moitié qui peine un peu plus. Mais ce n’est que le premier jour de jeu.

Ce soir, les élèves sont partis à la maison avec une courte fiche d’exercices à faire – des équations à résoudre – et la correction aura lieu demain matin à 8h30, avant de reprendre le jeu ! Il y a fort à parier que certains CM2 finiront le jeu demain, soit en classe, soit à la maison. Je vous quitte sur une image : voici ce que D résolvait en milieu de chapitre 3 quand il jouait, et que O avait réussi à passer à ce moment là.

D_AlgebraChallenge_Chapitre3